L'immigration Humanitaire - 1ère partie : Le constat

1ère partie : Le constat

Durant toute ma carrière, mon statut de médecin, dans notre société urbanisée, m’a donné l’occasion de prendre une joie toujours nouvelle à servir mes patients. Je les ai à la fois conseillés « à l’ancienne », pour informer, rassurer et soigner, comme dans les villages où je partageais ce rôle avec le curé, le maire et le notaire. Cet ensemble d’attentions prodiguées a permis à certains de se construire et de s’engager, pour les plus jeunes, sur de nouveaux projets et surtout reprendre le goût de vivre, aussi pour les anciens.

Vivre, c’est agir... C’est aussi un emploi, une famille, du travail, qui nous donnent des raisons d’espérer en des projets concrets. Sonder, comptabiliser, disserter savamment dans les médias, faire des promesses politiciennes impossibles, ne suffisent plus. La juste indignation du livre de Stéphane Hessel, récemment proposée, a mobilisé. Elle doit être regardée à la loupe, analysée précisément, afin d’en définir, non seulement la réalité, mais enfin d’en corriger les vraies causes.

A ce point de réflexion, nous allons ouvrir quelques pistes, anciennes et plus récentes, à notre « indignation » et à l’indispensable déverrouillage des portes obstinément fermées à notre « réveil, individuel et collectif », pour aller plus loin vers les vraies causes.

La lecture évidente de l’actualité, avec l’enchevêtrement de « crises » aussi pernicieuses que progressives et multifactorielles,  nous interpellent vraiment par leur extension rapide ces dernières années avec leur diversification – économique, écologique, sociale, morale, religieuse et politique.

Première et grande indignation aujourd’hui, ici et maintenant : nos terres agricoles, nos zones industrielles, nos bourgs et nos villages désertifiés, mis en jachère et dépeuplés, d’une population paysanne ou industrieuse, dont on cache les records absolus de suicides par désespoir d’activité perdue, devant un mur d’incompréhension économique, écologique, humaine et de blocages administratifs en tout genre.

 

Alors, et après avoir décelé et constaté que la plupart de nos politiciens professionnels patinent chacun dans leur « bulle électoraliste », qui pense aux causes ? Tout le monde les connaît… mais personne ne les exprime clairement par crainte des responsabilités politiques qui n’ont pas été prises et des intérêts financiers divergents, rarement en adéquation avec le remède nécessaire.

Avide de consommation facile à bas prix d’où qu’elle vienne, sans aucune réflexion sur les lois du business omnivore, on mondialise le prix du produit à « tout-va » : blé, automobile, habillement, électronique, mécanique, artisanat, et on oublie comme par hasard, de mondialiser le prix de la main d’œuvre qui les produit et les fabrique, et représente l’essentiel du coût de la distorsion mortelle pour les entreprises!

 

Alors, conscient du problème de l’impossibilité de produire à bas coût sur place, on subventionne à tout-va, par des PAC agricoles ruineuses, des subventions et exonérations en tous genres aux filières en difficulté, pour tenter d’éviter, sans y parvenir, le déclin inéluctable du monde rural et les fuites ruineuses et délocalisations du monde industriel.

Si une guerre survenait, il n’est pas sûr que, comme en 1940, la France pourrait faire face à ses besoins les plus élémentaires. On importe et délocalise à tout-va, tout et n’importe quoi, sans aucune réflexion concertée : économique, sociale, sanitaire, morale et intellectuelle.

 

Ce mortel dumping de tout ce qui est produit à prix cassé par l’exploitation d’une main d’œuvre réduite à l’état d’esclave moderne des nouveaux milliardaires chinois ou de pseudo-dictatures en tous genres aux ordres de puissantes multinationales nous plonge, ici et maintenant, dans un état de marasme économique et social, dans une crise financière à la limite de l’insupportable, et le risque permanent d’un crack boursier mondial dû à des transferts massifs et illégaux de capitaux.

Mais le plus grave est la complexité et l’accélération de la « crise écologique » qu’on ne peut plus nier comme il y a 5 ans grâce à la ténacité courageuse des chercheurs du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), intellectuels avertis et économistes avisés, entre autres. Il n’y a plus une seule région terrestre ou maritime qui ne soit gravement impactée par la masse insensée des pollutions en tous genres.

 

Alors bien sûr, on est tenté, pour repousser les responsabilités, de mettre en cause de lointains organismes comme l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), le capitalisme généralisé au monde communiste, l’emprise de plus en plus grande des réseaux mafieux diversifiés qui ont toute leur part de responsabilité.

 

Oui mais, aujourd’hui, regardons d’abord autour de nous, dans notre commune, dans nos régions, afin de mesurer les dégâts et l’impasse dans laquelle nous ont plongé l’incurie, l’irresponsabilité, le manque de perspectives de nos hautes administrations et de nos politiques, grands et petits, qui transgressent allègrement les réglementations, ainsi que nos syndicalistes et chefs d’entreprises de tous bords confondus, englués dans leurs combats revendicatifs stériles. Or bien sûr, c’est sans humour que nos syndicalistes « super-star » proposent comme unique solution la délocalisation de nos super salaires, avec tous leurs avantages sociaux 5 étoiles, soit les meilleurs du monde, à l’ensemble des pays qui pratiquent ce dumping social inhumain pour leurs ouvriers, et destructeur de nos économies occidentales. Nous devrions, sans humour non plus, leur proposer d’aller exercer leurs talents de syndicalistes agitateurs professionnels bien rôdés sur les places Rouge, Tian’Anmen, cubaines ou nord-coréennes, et bien sûr dans tous les pays du Tiers Monde, y compris francophones. Ce serait à la hauteur de leurs ambitions d’une société internationale des droits humains et sociaux.

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