NUCLEAIRE ET SANTE ASSISES INTERNATIONALES DU RETRAITEMENT DU 21.22 octobre 1978 à Equeurville

ASSISE DU RETRAITEMENT A EQUEURVILLE EN 1978

                      NUCLEAIRE ET SANTE

ASSISES INTERNATIONALES DU RETRAITEMENT

                        DU 21.22 octobre 1978 à Equeurville     

                                                                                                           

   “la Hague au centre des problèmes nucléaire“

 

Je donne la parole au Dr GILLARD DE SAINT GILLES nature et Progrès.

 

Je suis de formation homéopathique, mais j’ai travaillé en hôpital. Par l’homéopathie j’ai été amené à m’intéresser aux micro-doses. Je voudrais d’abord faire une parenthèse qui pourrait intéresser certaines personnes. Nous avons fait admettre les médicaments homéopathiques par les études de professeurs de sciences biologiques et sciences physiques. Si les médicaments homéopathiques, qui sont au fond du problème des micro-doses, ont été acceptés et remboursés par la Sécurité Sociale, c’est que leur efficacité a été prouvé. Donc, si vous voulez, ce problème de micro-doses, je l’avais appréhendé il y a une dizaines d’années, et j’étais donc persuadé que l’on arriverait sur le plan scientifique officiel, madame STEWARD en est la preuve, à mettre en évidence que les faibles doses de rayonnement ont des effets nocifs au niveau des tissus. Ce qu’il faut retenir, dans l’évolution récente de la pathologie nucléaire, on n’utilise pas cette expression parce qu’on en a peur, mais en fait il y a une pathologie nucléaire, c’est comment elle a évolué et comment elle va évoluer. Il y a un point fondamental, et il faut que la population se rende compte de choses claires, précises et simples, c’est d’abord l’importance des doses qui vont être diffusées dans l’environnement.il faut savoir, par exemple qu’à la HAGUE, il va y avoir 8.000.000 de curies qui vont se promener dans l’air. *Evidemment, le C.E.A. nous dit que cela n’est pas grave, parce que cette radioactivité sera diffusée. C’est faux et on le sait maintenant, on en a la preuve. Contre cet argument rassurant de diffusion, il y a deux arguments : la synergie* et la reconcentration dans la chaine alimentaire. Les fuites dans les centrales, on ne pourra pas les éviter. On sait qu’il a des effluents qui contient du krypton, du xénon, de l’iode radioactifs. Quelques chiffres pour situer le problème, 8.000.000 de curies pour le krypton, gaz lourd à tendance à se concentrer au niveau du sol, de 30 à 50.000 curies pour le tritium, alors que les centres anti-cancéreux on traite à des doses de quelques milli curies. La comparaison de ces chiffres devrait alerter les populations. Face à la diffusion il y a la concentration. Divers faits ont été découvert. C’est, par l’exemple la reconcentration du ruthénium à Windscale (une reconcentration de 1.800 fois). Ceci entraîne pour les gens du pays de Galles, qui mange du poisson et du pain d’algues contaminé au ruthénium, une irradiation permanente de leur rectum de 0.7 rem par an. Alors le risque de cancers, je dis qu’il a aussi beaucoup d’autre risques, de rectocolites par exemple. Dans la Meuse, près de la centrale de CHooz, il y a reconcentration d’un facteur 50 du manganèse 50. Près de Handford (U.S.A) dans la rivière Columbia, on a trouvé des zones où la reconcentration en phosphore radioactif était de 5.000. On peut dire que la diffusion ne nous met pas à l’abri de la reconcentration est un facteur d’aggravation. Au départ, la pollution radioactive par les centrales peut être assez faible, ainsi que les risques correspondants. Mais, il faut dire que les doses vont s’ajouter car il n’y a aucun moyen de réduire le rayonnement, de faire disparaitre les éléments radioactifs. Nous n’avons aucun moyen de le faire disparaitre et nous savons que les périodes s’étagent entre 200 – 250 ans et des temps énormes. Il n’y pas de moyens de guérison du phénomène de de radioactivité et, d’autre part, il n’y pas de moyen d’y échapper. Un des arguments de l’E.D.F. c’est de nous dire que les montres produisent beaucoup de rayonnement et qu’il aussi la radioactivité naturelle. On sait actuellement qu’un des principaux dangers provient du rayonnement interne par inhalation de produits radioactifs et leur fixation dans certains tissus par des tropismes particuliers. J’ai été amené à étudier le problème du strontium qui, par ses propriétés voisines de celles du calcium, se fixe dans les tissus osseux. Le césium, lui, voisin du potassium, se fixe dans les muscles. On peut dire qu’actuellement on ne sait pas grand-chose, si non qu’il y a des dangers qui nous guettent. Aujourd’hui, on peut faire le bilan, on sait que demain le bilan sera plus mauvais, il ne peut pas s’améliorer. Autrement dit, chaque fois qu’on fait des progrès dans la recherche pathologique nucléaire, on ajoute des faits, on n’en retranche pas.

L’argument de dilution de l’E.D.F.et pro nucléaire ne tient plus actuellement.  Il y a pour les produits radioactifs, l’addition la reconcentration et la fixation. La fixation des produits radioactifs dans les tissus vivants produira une ionisation dans les cellules par le rayonnement émis. Cette ionisation est une perturbation profonde du métabolisme, c’est-à-dire de la vie de la cellule, de sa production, de son informatique. A Villejuif, en immunologie, on sait, par exemple, que tous les phénomènes de cancérisation se font à partir d’un informatique perturbé des cellules.

On pense que le cancer est un dysfonctionnement de cette informatique. La particule ß (béta) du strontium 90, d’après le professeur de biologie VIVIER de l’institut de Lille, arrive, dans son transit, à perturber soit dans leur reproduction, soit dans le métabolisme, 6.500 molécules. Chaque éléments radio actifs semble avoir un tropisme particulier, et se fixer dans des tissus particuliers. C’est ce tableau, ce triste tableau qui s’aggrave de jour en jour, qui a été un des moteurs de la publication de mon livre “Ecologie de la Médecine“. Comment se fait-il que, devant cette avalanche de faits, des docteurs comme à Handford doivent se sacrifier pendant 26 ans pour rassembler des preuves…

QUESTION de b. BELBEOCH : ce sont des travailleurs sacrifiés ?

REPONSE :

…. Qui nous sont présentées aujourd’hui. Les faits rapportés par madame STEWART nous donne un plan de départ, des preuves de départ qui peuvent nous permettre de savoir comment on pourrait organiser une défense, non passive, mais active, autour des installations nucléaires. Ce que je propose, c’est que des collectifs s’en chargent. Je pense qu’au voisinage des sites comme celui de la Hague, c’est déjà en train de se faire. On m’a parlé tout à l’heure de la communauté urbaine de Cherbourg qui a publié des statistiques de morbidité, de mortalité. *Il pourrait apparaître une pathologie particulière ; il ne faut pas se limiter aux cancers. Comme je vous le disais tout à l’heure, le césium se fixe dans les muscles, il peut donc agir sur les muscles respiratoires, sur les myotomies, sur des fatigues ; le strontium agit sur les os, on le sait déjà. Il y a toute une pathologie nucléaire à créer et ce ne sont pas les travailleurs qui peut le faire. Il faut que ce soit pris en charge par un collectif de médecins. Une des notions qu’il faudrait faire rapidement adopter, c’est qu’au niveau de chaque installation nucléaire, il y ait des collectifs composés scientifiques, de médecins, d’infirmières, d’écologistes qui pourrait faire le travail que ne veut pas faire l’administration. Je pense qu’au point de vu statistique, il aurait deux travaux à faire. Un travail sur le passé, pour voir, déjà, sur des sites comme celui de la Hague qui est en fonctionnement depuis plusieurs années, s’il y a des perturbations, il doit déjà y en avoir, dans la santé de la population. Tout à l’heure, on a parlé des perturbations génétiques. Madame STEWARD a parlé des effets génétiques à long terme. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec elle, et j’aimerais avoir l’avis de la spécialiste marseillaise. D’après VIVIER, il y a 3 sortes de lésions qui actuellement sont sûres. Il y a des lésions de types cancéreux : la perturbation dans l’informatique cellulaire peut provoquer des cancers. Elles peuvent évidemment entrer en synergie avec d’autres perturbations. Il est évident qu’un fumeur qu’un gars qui boit, etc… attraperont plus facilement un cancer que d’autre et qu’ils n’attendront pas sûrement 20 ans. J’en ai eu l’exemple dans une usine de polyvinyle à NICE. Il ne faut pas oublier, pour les cancers, le processus de synergie. Il y a d’autre actions. Il y a d’abord une action de lésion des cellules. Il y a des cellules qui cessent leur fonctionnement, qui cessent leur vie. Au niveau des os, cela a déjà été constaté. Et troisièmement, il y a action génétique qui doit vraisemblablement induire, mais je voudrais en avoir la confirmation, des malformations actuellement et pas seulement pour l’avenir. Donc, il y a ces trois aspects, et il faudrait des statistiques soient faites au niveau de la santé de la population, de la santé passée et la santé à venir. Sur des sites comme celui de la HAGUE, des écologistes pourrait faire les statistiques, par exemple sur tératologie*, sur les malformations, sur les fausses couches, les avortements spontanés en clinique, sur l’évolution des cancers, des anémies. Pour l’avenir, il faudrait imposer aux responsables locaux de la santé qu’ils effectuent des examens médicaux systématiquement dans les groupes représentatifs de la population, par exemple, qu’ils effectuent chaque année des examens appropriés. Ce sont là des aspects techniques, ce qu’il faut retenir, c’est que c’est aux médecins, c’est à votre médecin qui est responsable de votre santé, à prendre les choses en mains. C’est fondamental, cela n’a pas été dit, cela n’a pas été fait, et je souhaite que, rapidement, il y ait des motions allant dans ce sens.

 

*De Krypton 85, si UP3 se construit.

*On appelle synergie, l’effet coordonné de plusieurs éléments, chacun renforçant les actions des autres.

*La tératologie a pour objet l’étude des anomalies, des malformations des êtres vivants.

 

                                      INTERVENANTS

B. BELBOECH (groupement des scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire.)

Dr. Alice STEWARD (université de Birmingham)

J.C. ZEBIB (syndicat national des personnels de l’énergie atomique, C.F.D.T)

Dr. S. AYME (groupe médical pour l’information nucléaire)

P. FABRE (mouvement pour le désarmement, la paix, la liberté)

P. BELBENOIT (groupement des scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire.)

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